Parc des Bourins

Séparé de la ville par toute l’épaisseur du « bois », face à la rivière prochaine, au coteau du Vernet, aux Monts de la Madeleine, au Forez si lointain, ouvert sur l’horizon le plus large, voilà le domaine de l’enfance

(Vichy : guide édité par la Compagnie fermière, 1950.)


Histoire

Les terrains situés en bordure de l’Allier, en amont de l’avenue des Célestins, étaient autrefois des boires. Dénommés « Pré Catelan » sous le Second Empire, ils accueillaient alors danses, jeux et concerts. Le dépôt d’ordures y fut ensuite autorisé, favorisant l’assèchement de cette zone. En 1903, le Préfet fit cesser la décharge publique, foyer d’infection et autorisa l’installation de jeux sportifs, prélude à la prolongation du parc, que la Compagnie fermière fut autorisée à réaliser en 1905. Les travaux, confiés à l’entreprise moulinoise Treyve, s’achèvent en 1910, complétés par l’installation de l’éclairage électrique en 1927.


Architecture

En 1920, un monument à la gloire de l’aviateur E. Gilbert, dû au sculpteur parisien G. Dubois est élevé, au nord du parc, près du premier terrain d’aviation de Vichy. L’oeuvre composée d’un pylône en granite, se terminait par une allégorie de l’aviation, avec à ses pieds, un condor.

L’allégorie, le condor et le buste furent fondus pendant la seconde guerre mondiale et un buste, dû au sculpteur cussétois R. Mermet, remplaça celui de Dubois en 1962. À quelques pas de là, la Compagnie fermière fait transporter, en 1928, le kiosque à musique de la Restauration. Dessiné par G. Simon, en 1910, ce kiosque fut inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1986. Sa restauration, dans le cadre d’un chantier pédagogique impliquant neuf établissements scolaires auvergnats, a été entreprise en 2005.

En 1936, la création du parc d’enfants confirme la vocation de ce parc. D’une superficie de deux hectares, les installations comprennent un bâtiment devancé d’un préau, un théâtre de guignol, une laiterie, un bassin peu profond, deux courts de tennis, une piste de course et une multitude de jeux de
plein air.


Usages

Très vite, le Parc des Bourins est considéré comme le parc des enfants . Avant même l’aménagement du Parc du Soleil, ils sont à l’honneur, en particulier lors des fêtes enfantines, organisées entre 1921 et 1938. Le Parc des Bourins est alors le théâtre de différents concours, du plus beau bébé jusqu’au défilé de « voitures » fleuries, récompensés par les grands magasins vichyssois. Le traditionnel Guignol fut quant à lui transféré dans le Parc des Bourins, lors de la construction du Parc du Soleil. La Compagnie fermière avait pris soin d’aménager une entrée indépendante de
celle du « stade d’éducation physique pour enfants », afin d’attirer au spectacle un public le plus large possible. Des séances de Guignol furent assurées jusqu’en 1981.

Le club d’aviron est la seconde grande installation du parc : né en 1901, le Club nautique qui réunissait les adeptes d’aviron mais aussi de natation, water-polo, athlétisme ou rugby, construit un garage à bateaux sur le terrain de la Croix Saint-Martin vers 1930. Les bâtiments peu à peu agrandis abritent aujourd’hui les 95 bateaux et la salle de musculation du Club de l’Aviron de Vichy.


Botanique

Le parc des Bourins d’une superficie de 8 hectares a été aménagé sur l’ancienne presqu’île du « Pré Catelan ». La conception paysagère du parc des Bourins est nettement plus orientée dans une signature picturale anglo-saxonne. Elle comprend un point de vue sur la rivière Allier, les dessins harmonieux d’allées courbes, la présence d’un relief glissant vers l’eau, l’utilisation des jeux d’ombre et de lumière, la vision de perspectives découvertes progressivement pour finir sur un vaste espace engazonné intégré au centre de plantations denses sur son côté urbain, rectilignes et suivant le cours naturel de l’Allier à l’opposé. Fortement peuplés de conifères, aux feuillages persistants comme une barrière vivante au tumulte de la cité, on y trouve des Séquoias Redwood et Wellingtonias introduits en Europe respectivement en 1840 et 1853, des Pseudotsuga (1830), des cèdres et sapins d’Espagne alors que, du côté calme de la rivière, s’effectue la promenade sous les platanes formant de leurs branches une voûte ombragée. En périphérie de ces massifs boisés, s’appuient des arbres rares ou remarquables comme des hêtres pourpres ou pleureurs, chênes d’Amérique ou de Kabylie, Copalme et Sophora. Le parc des Bourins comprend 591 arbres et le parc du Soleil 99 sujets.

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