Exposition photographique sur les bancs publique a Vichy, avec des commentaires d’auteurs de romans, de théâtre, de cinéma.
Au gré de ses flâneries et rencontres à Vichy, Jean-Pierre Louis, sensible à ce qui vit, s’anime dans l’espace public, a porté plus spécifiquement son regard sur les bancs et leurs occupants. Sa série de photographies invite à se raconter des Histoires de bancs.
Ce mobilier urbain commun et accessible à toutes les générations excite l’imagination selon l’activité ou la non activité, les attitudes, les âges des occupants. Influent également la géographie de ce banc- plein soleil ou sous l’abri de la canopée des parcs vichyssois, entouré de pelouse ou ancré sur un lieu de passage plus minéral- sa matière (bois, béton, fer), son confort, sa couleur.
Ce siège public invite à être partagé ou bien à vivre un instant en solitaire, une oisiveté, une rêverie, une lecture.
La Reine des villes d’eaux essaime de nombreux bancs offrant une pause à ses buveurs d’eaux. Mais ces assises laissent libre tout séant de profiter aisément d’elles pour une pause, une trêve pour les travailleurs, les promeneurs ou les oisifs. Elles ont leur fidèles et leurs infidèles.
Les amoureux, les ami (e)s, les bandes d’écoliers ou de lycéens, les personnes âgées, les couples y trouvent refuge. Des escales propices pour rire, s’amuser, s’épancher, papoter ou bien ne rien faire.
Elles attirent les visiteurs de passage, les corps essoufflés ou fatigués ou pétulants d’énergie. Elles se métamorphosent pour de brefs ou de longs instants en ports d’attache où circulent des paroles rieuses, nostalgiques, mélancoliques, voire poétiques ou philosophiques. Les corps et les esprits s’y délassent et s’en échappent en toute liberté. Les pauses gourmandes s’y inscrivent dans les rythmes des journées.
Sur le banc public, on peut s’allonger, s’étirer, observer, être observé, écouter, bavarder, attendre.
Imaginez une ville sans bancs publics. Ce serait une ville briseuse de rêves, d’attentes, de rencontres. Une ville en manque d’ états d’âmes. Sans amours débutants, sans paroles, sans poésie. «Bancs publics, bancs publics» ou l’art de tricoter des liens avec ou sans lendemain.
Texte Fabienne Faurie, photographies Jean-Pierre Louis.
Localisation :
Epicerie Solidaire
73 rue Gramont
03200 Vichy
(ouverture dans un nouvel onglet)