La Ville de Vichy poursuit son engagement en faveur du travail de mémoire avec la nouvelle édition d’Histoire et Mémoire(s), organisée dans le cadre de la « Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité,» en partenariat notamment avec le Mémorial de la Shoah.
L’édition 2026 portera sur un thème essentiel : la transmission.
Alors que les derniers témoins disparaissent, comment transmettre l’histoire aux jeunes générations pour préserver notre mémoire collective ?
Expositions
Du 27 janvier au 27 février – Réalisées par le Mémorial de la Shoah
CABU, dessins de la rafle du Vel d’Hiv
Inauguration jeudi 29 janvier à 17h30 – Médiathèque Valery Larbaud – Mardi et jeudi de 14h à 18h ; mercredi, vendredi et samedi de 10h à 19h
Au printemps 1967 le magazine Le Nouveau Candide publie les bonnes feuilles de La Grande rafle du Vel d’Hiv’, 16 juillet 1942 de Claude Lévy et Paul Tillard (Robert Laffont).
Pour illustrer cette série en cinq épisodes, la rédaction fait appel à un jeune dessinateur de 29 ans, Jean Cabut, dit Cabu.
C’est aussi un choc pour Cabu, qui découvre cette tragédie trop vite oubliée et met le meilleur de son talent à traduire en dessins les scènes décrites. À partir des seize précieux dessins de Cabu présentés par l’historien Laurent Joly, directeur de recherche au CNRS, Véronique Cabut, l’épouse de Cabu, et le Mémorial de la Shoah proposent de retracer les moments clés de la rafle du Vel d’Hiv. Cette exposition est aussi un hommage à un dessinateur génial et populaire qui fut l’une des douze victimes de l’attentat djihadiste du 7 janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo.
L’histoire de l’affiche rouge
Hôtel de Ville de Vichy – Du lundi au vendredi de 8h30 à 12h15 et de 13h45 à 18h
En 1944, 23 combattants F.T.P. – M.O.I. étaient exécutés après un simulacre de procès organisé par le tribunal militaire allemand. Jeunes pour la plupart, étrangers en majorité, Juifs pour douze d’entre eux, ils s’étaient engagés dans la Résistance armée communiste et harcelaient l’occupant allemand.
À travers une propagande ignoble dont l’Affiche Rouge est l’aspect le plus connu, les Allemands et l’État Français ont orchestré une campagne visant à assimiler ces combattants à des terroristes étrangers d’origine juive, commandés par l’étranger. Cette page tragique de l’histoire témoigne de la participation des Juifs à la résistance et détruit une fois encore, s’il le fallait, le mythe de la passivité juive.
Rencontres et conférences
Table ronde
Jeudi 29 janvier à 18h – Médiathèque Valery Larbaud
Table ronde avec Véronique CABUT et Laurent JOLY, historien et directeur de recherche au CNRS, commissaires de l’exposition. Rencontre-dédicace en partenariat avec les libraires de Vichy à l’issue de la séquence.
Colloque
Vendredi 30 janvier dès 9h – Salon de l’Hôtel de Ville
Colloque présidé et modéré par Alexandre DOULUT, Historien.
- 9h ➡ Introduction Alexandre Doulut.
- 9h30 ➡ Intervention de Laurent Joly.
- 10h45 ➡ Témoignage de Ginette Kolinka.
- 14h ➡ Présentation des Archives municipales de la Ville de Vichy par Aurélie Duchezeau, responsable du service des Archives.
- 14h30 ➡ Intervention et témoignage de Georges Mayer pour l’association Convoi 77.
- 16h ➡ Intervention d’Emmanuel Vigier, auteur et présentation du podcast « Bruits Blancs », récit sonore consacré aux mémoires de Vichy.
- 17h ➡ Conclusion par Alexandre Doulut
Rencontre-dédicace en partenariat avec les libraires de Vichy à l’issue du colloque.
Rencontre et dédicace : Plus jamais froid : L’histoire d’Irène Hajos, une survivante d’Auschwitz par Chantal Gerbaud.
Samedi 31 janvier à 14h00 – Librairie à la Page, 5 Rue Sornin à Vichy
Un livre poignant et unique sur l’histoire d’une survivante des camps.
Née en Hongrie en 1922, Irène Hajos vit une enfance heureuse dans la petite ville de Nagykanizsa, avant de partir à Budapest pour travailler dans la haute couture. En 1944, à vingt-deux ans, elle est déportée en Pologne, à Auschwitz. Elle survit à la sélection, au travail forcé, à la « marche de la mort »…
Pendant cinquante ans, elle ne dit pas un mot de ce qu’elle a vécu, ni à son époux ni à ses enfants. Puis une rencontre imprévue fait basculer sa vie : elle commence alors à témoigner…
Sans jamais être traumatisant, ce récit permet de comprendre, d’un point de vue humain, ce qu’a pu représenter la déportation. Irène Hajos évoque son séjour à Auschwitz, mais aussi toute la période qui a suivi et qui est marquée par une très lente « reconstruction ».
Un dossier permet de mettre en perspective son témoignage.
Conférence de William BROU, professeur d’histoire et géographie, académie de Clermont-Ferrand, animateur de la chaîne Youtube « Histoire en Jeux »
Mercredi 4 février à 15h – Médiathèque Valery-Larbaud
Les jeux vidéo sont devenus un média majeur pour raconter le passé, y compris ses chapitres les plus sombres. Comment représentent-ils la Shoah ? Que montrent-ils, que taisent-ils, et pourquoi ?
À partir d’un extrait joué en direct de « My Memory of Us, » cette conférence explore comment narration, symboles et mécaniques de jeu peuvent aborder ou évoquer cet épisode historique. Nous confronterons cette œuvre à d’autres approches ludiques : tentatives commémoratives, métaphores et allégories, mais aussi jeux ouvertement problématiques dont la mise en scène relève de la banalisation ou de la déshumanisation.
Parce que ces jeux existent -et circulent- nous devons les analyser, pour comprendre ce que le jeu vidéo fait à la mémoire, et ce que la mémoire fait au jeu vidéo.
Conférence « Le martyre de Georges Mandel, 1940-1944 », par Antoine MORDACQ, Commissaire divisionnaire de police et auteur de l’ouvrage éponyme.
Samedi 7 février à 14h30 – Salon d’honneur de l’Hôtel de Ville
En juin 1940, Georges Mandel est le ministre de l’Intérieur du gouvernement Reynaud, qui fait face à la débâcle. Alors que les partisans de l’armistice tendent à devenir majoritaires au sein du gouvernement autour du maréchal Pétain, Mandel est leur plus fervent opposant, arguant que le repli en Afrique du Nord et la poursuite des combats, avec le soutien des Anglais, sont possibles. Il est pris de court par la démission de Reynaud, et aussitôt visé par le nouveau gouvernement Pétain. Interné par le régime de Vichy dès l’été 1940, Mandel sera enlevé par les SS en 1942 avant d’être déporté en Allemagne puis ramené de force en France pour être livré à la Milice et assassiné en forêt de Fontainebleau en 1944. La persécution dont il a été l’objet doit autant à son refus de l’armistice en 1940 qu’au fait d’être juif : Mandel est rapidement devenu une cible prioritaire du régime de Pétain puis du pouvoir nazi. Au cours de ces années tragiques, l’ancien chef du cabinet civil de Clemenceau au courage héroïque ne s’est jamais fait d’illusion sur la fin qui l’attendait.
Conférence organisée en partenariat avec le CIERV
Spectacle
Théâtre « Le silence de la Mer », par la Compagnie Halte et Cappella Forensis, d’après le texte de Vercors
Jeudi 5 février, 20h – Centre culturel de Vichy
Le chef-d’œuvre de Vercors renaît sur scène dans une adaptation pour un acteur et trois musiciens (clarinette, violoncelle, marimba), où résistance, amour et humanisme s’affrontent dans le silence d’un drame cornélien.
Hiver 1940, la France vaincue voit ses maisons réquisitionnées. Un vieil homme et sa nièce accueillent contraints un officier allemand et choisissent de ne jamais lui adresser la parole. Chaque soir, l’officier leur parle pourtant : il confie son amour pour la culture française, son rêve d’une Europe réconciliée. Compositeur raffiné, il ignore tout de la brutalité de l’occupation nazie. Seul leur silence lui répond. Mais sous ce silence de la mer roulent les gigantesques courants des émotions humaines…
Une adaptation bouleversante qui redonne souffle et modernité à Vercors et fait vibrer, aujourd’hui encore, l’écho universel de cette histoire.
Cérémonie
Journée nationale commémorative de l’Holocauste et du 81e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz
Dimanche 1er février à 11h30 – Stèle rue du Parc
Chaque année, la journée du 27 janvier rend hommage à la mémoire des victimes de l’Holocauste à l’occasion de l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945. À Vichy, cette journée est commémorée, le dimanche suivant le 27 janvier. Cette date marque également la Journée de la mémoire des Génocides et de la Prévention des crimes contre l’humanité.
William BROU
William Brou est professeur d’Histoire-Géographie, titulaire d’un Master 2 de recherche en histoire médiévale. Il est également formateur à l’INSPE de Chamalières et chargé de mission à la DRANE de Clermont-Ferrand, où il accompagne la ludicisation et l’usage des jeux numériques en contexte pédagogique. Président des Clionautes, il œuvre pour la diffusion des savoirs et le soutien aux enseignants.
Depuis 2017, il anime la chaîne YouTube « Histoire en jeux », consacrée à l’analyse des représentations du passé dans les jeux vidéo et à l’éducation aux médias. Il y a produit plus d’une centaine de vidéos et intervient régulièrement dans des musées, festivals et lieux culturels avec des conférences mêlant histoire et gameplay.
Il conçoit également des ateliers de création de jeux vidéo et développe ses premiers projets, dont SynthIA, explorant les enjeux narratifs et historiques du médium. Co-créateur de la Game Jam des Rendez-vous de l’Histoire, il réunit développeurs et jeunes chercheurs pour renouveler la médiation du passé par le jeu.
CABU par Véronique CABUT
« Dessinateur, Cabu était aussi un journaliste de presse (carte de presse n° 21991). « Un dessin cela ne se raconte pas, cela se regarde » affirmait-t-il. J’attendais tous les mercredis pour les voir publiés dans Le Canard enchaîné et Charlie Hebdo. Jamais je ne regardais sur sa table les originaux. De toutes façons le fouillis particulier qui y régnait m’en dissuadait. Lui seul savait s’y retrouver.
Cabu a 29 ans en 1967 lorsque Le Nouveau Candide lui commande une série de dessins pour illustrer la publication des bonnes pages du livre à paraître de Claude Lévy et Paul Tillard La Grande Rafle du Vel d’Hiv. C’est une exclusivité. Cabu lit ce livre qui retrace les histoires vraies de familles juives arrêtées au petit matin à Paris par la police française les 16 et 17 juillet 1942. Il est totalement bouleversé.
Les auteurs, résistants et déportés, ont mené une vaste enquête et interrogé de nombreux témoins. Le défi est immense et Cabu y met toute son énergie et son talent graphique inégalé. Des dessins bruts, « un coup de poing dans la gueule » – je reprends volontairement son expression car elle prend toute sa force en les regardant. Travailleur acharné, ce projet lui tient à cœur plus qu’aucun. Sa mémoire que je qualifierais de photographique saute aux yeux.
Rien n’est plus dur que d’écrire en général sur le dessin, et sur celui de l’homme de sa vie en particulier. Plongée, contre-plongée, compositions différentes, trait unique, en mouvement, des angles choisis avec une détermination précise et sans faute au service de l’expressivité. Foisonnement de personnages toujours différents comme chez son maître Albert Dubout qu’il copiait jeune. Visages expressifs aux yeux apeurés des hommes femmes et enfants, et toute la dureté des policiers, gendarmes, militaires, impassibles. Cabu avait une admiration pour les tableaux de Rembrandt, il prenait des notes sur les yeux des personnages dans tous les musées. Les décors de ses œuvres ne sont jamais gratuits, ils collent à la réalité qu’il s’agisse du bus, de l’intérieur du Vel d’Hiv ou du métro aérien. Son sens des détails est unique, il ne laisse rien au hasard.
Les situations sont fidèles aux lieux indiqués dans le livre. Sa générosité est flagrante, toute son âme est là pour raconter cette tragédie qui a couté la vie à 13 000 Juifs. Cabu en restera marqué toute sa vie comme par son service militaire obligatoire de 24 mois pendant la guerre d’Algérie. Ses dessins sont là pour l’histoire. Laurent Joly en restitue magnifiquement toute la force et je l’en remercie ».
Véronique Cabut
cabu-officiel.com
Alexandre DOULUT
Alexandre DOULUT participe à la semaine mémorielle depuis l’édition 2022. Docteur en histoire, spécialiste de la Shoah en France, Alexandre Doulut est également formateur au Mémorial de la Shoah. Son ouvrage, La déportation des Juifs de France : changement d’échelle (CNRS éditions), est sorti en janvier 2025 et avait fait l’objet d’une conférence à la Médiathèque de Vichy.
C’est la deuxième année qu’Alexandre DOULUT préside le colloque de Histoire et Mémoire(s) à Vichy. Il participe à la semaine mémorielle depuis sa première édition. En 2022, à l’occasion du 80e anniversaire de la Rafle en zone libre, il avait présenté Le déroulement de l’opération dans la région préfectorale de Toulouse. En 2023, il avait présenté ses recherches sur La rafle de février 1943 et les convois 50 et 51. En 2024, son intervention portait sur « Le sort des Juifs en 1944 »
Chantal GERBAUD
Historienne de formation, Chantal Gerbaud débute sa carrière comme professeur d’histoire-géographie, avant de devenir chef d’établissement en collèges et lycées, où elle défend avec conviction la place de la culture et des pratiques artistiques au cœur du parcours éducatif.
Parallèlement, elle mène un travail d’écriture et publie plusieurs ouvrages et articles historiques et littéraires, à destination des adolescents comme des adultes. Parmi eux, Plus jamais froid – L’histoire d’Irène Hajos, une survivante d’Auschwitz constitue un témoignage marquant, consacré à la mémoire de la Shoah.
Installée depuis 2008 à Saint-Benoît-du-Sault (Indre), Chantal Gerbaud s’engage activement en faveur du développement culturel en milieu rural, œuvrant à rendre la culture accessible au plus grand nombre.
Laurent JOLY
Historien, directeur de recherche au CNRS (CRH-EHESS, Paris), Laurent Joly est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont La rafle du Vel d’Hiv. Paris, juillet 1942 (Grasset, 2022, prix François Mauriac 2022 et prix Pierre-Lafue 2023) et Le Savoir des victimes. Comment on a écrit l’histoire de Vichy et du génocide des juifs de 1945 à nos jours (Grasset, 2025). Il a également dirigé plusieurs collectifs, dont Vichy. Histoire d’une dictature, 1940-1944 (Tallandier, 2025).
Président du conseil scientifique du Mémorial du camp de Rivesaltes, membre de plusieurs comités et commissions historiques ainsi que des comités de rédaction de la Revue d’histoire de la Shoah et de Guerres mondiales et conflits contemporains, il est responsable de la collection « Nationalismes et guerres mondiales » à CNRS Éditions.
Il a, enfin, été le commissaire scientifique de deux expositions pour le Mémorial de la Shoah, Cabu. Dessins de la rafle du Vel d’Hiv (2022) et Riss. Le procès Papon (2023).
Ginette KOLINKA
Ginette Kolinka, née Cherkasky le 4 février 1925 à Paris, est une survivante française de la Shoah.
Le 13 mars 1944, à 19 ans, elle est arrêtée avec son père, Léon Cherkasky, son jeune frère de 12 ans, Gilbert, et son neveu de 14 ans, Georges, par la Gestapo à la suite d’une dénonciation. D’abord incarcérée à la prison d’Avignon puis à celle des Baumettes, la famille est ensuite internée au camp de Drancy.
Un mois plus tard, la famille est déportée par le convoi n° 71 du 13 avril 1944 en direction du camp d’Auschwitz-Birkenau. C’est le même convoi que Simone Veil. Dès l’arrivée du train, son père ainsi que son frère sont gazés. Ginette, quant à elle, est sélectionnée pour le travail et rejoint le camp des femmes. Son neveu, faisant plus âgé, est également sélectionné. À la fin de la guerre, Ginette Kolinka apprendra sa mort dans les camps.
D’octobre 1944 à avril 1945, elle connaît un parcours marqué par son passage dans les camps de Bergen-Belsen et de Theresienstadt. Au camp de Bergen-Belsen, elle travaille dans une usine de pièces d’aviation. Elle contracte le typhus durant cette période. En mai 1945, elle change de camp mais, à son arrivée, le camp est libéré, et elle est donc accueillie par les Alliés et rapatriée à Lyon avant de rejoindre Paris le 6 juin 1945 pour retrouver les membres de sa famille qui ont survécu : sa mère et quatre de ses cinq sœurs.
Après la guerre, elle garde longtemps le silence sur son expérience puis devient, une témoin de la mémoire de la Shoah, accompagnant de nombreux groupes, notamment scolaires, à Auschwitz et partageant son histoire pour lutter contre l’oubli et la haine.
Georges MAYER
Georges Mayer est le fils d’Alex Mayer. Ce dernier, refugié à Vichy, fut déporté à Auschwitz par le dernier grand convoi parti de Drancy. Survivant, il est l’auteur de « Auschwitz, le 16 Mars 1945 », journal de déportation écrit à Auschwitz-même, immédiatement après la libération du camp.
En 2015, Georges Mayer fonde l’Association « Familles et Amis des déportés du Convoi 77 ». Il souhaite rassembler toutes les personnes concernées par la transmission de la mémoire de la Shoah afin d’honorer les victimes et d’éduquer les générations futures.
En 2017, il lance le « Projet européen Convoi 77 », un projet pédagogique innovant qui invite les élèves de 33 pays à enquêter sur la vie des déportés originaires de leur région. L’objectif est de reconstituer la biographie de chacun des 1 306 déportés du convoi, en s’appuyant sur des documents d’archives et des témoignages.
Georges Mayer insiste sur l’importance de la connaissance précise de l’histoire de la Shoah pour former des citoyens responsables et lutter contre l’antisémitisme et la haine. Son approche, saluée pour son innovation, vise à adapter l’enseignement de la Shoah aux réalités du XXI siècle, en utilisant des méthodes participatives et collaboratives.
Son action est aujourd’hui reconnue comme une référence en matière de transmission de la mémoire et d’éducation à la citoyenneté.
Antoine MORDACQ
Commissaire de police, Antoine Mordacq a présenté et annoté les mémoires du général Henri Mordacq (Le ministère Clemenceau), avant de publier « Le martyre de Georges Mandel (1940-1944) », un récit haletant sur les quatre années de calvaire vécues par l’ancien ministre. Fondé sur des archives considérables, ce livre raconte la façon dont Mandel a été interné par le gouvernement de Vichy, enlevé par les SS avant d’être déporté en Allemagne puis ramené de force en France pour être livré à la Milice et assassiné en forêt de Fontainebleau.
La persécution dont il a été l’objet doit autant à son refus de l’armistice en 1940 qu’au fait d’être juif : Mandel est rapidement devenu une cible prioritaire du régime de Pétain puis du pouvoir nazi. Au cours de ces années tragiques, l’ancien chef du cabinet civil de Clemenceau au courage héroïque ne s’est jamais fait d’illusion sur la fin qui l’attendait.
« Le martyre de Georges Mandel » a été récemment distingué par le prix Philippe Viannay – Défense de la France 2025, décerné par la Fondation de la Résistance.
Emmanuel VIGIER
Emmanuel Vigier réalise son premier long-métrage documentaire en 2008, J’ai un frère, tourné entre Marseille et la Bosnie. Sélectionné au Cinéma du Réel et aux États Généraux du Film Documentaire de Lussas, ce film marque un moment fondateur dans sa manière d’aborder le monde et la création.
Depuis, il fabrique des objets documentaires qui interrogent les marges, les silences et la mémoire. 09h20 : Divorce, documentaire sonore né d’un agenda trouvé dans la rue, reçoit en 2022 le Grand Prix de la création documentaire au festival Longueur d’Ondes. Le film Ce qu’ont fait nos pères explore, sous forme chorale, les non-dits des appelés de la guerre d’Algérie. En 2023, il entame Bruits blancs, un récit sonore consacré aux mémoires de Vichy, produit une fois encore par le studio marseillais Euphonia.
Né à Vichy, Emmanuel Vigier vit et travaille à Marseille.








